Le carnet
des mots & des histoires

Ce soir-là, où je ne suis pas allée à la danse classique

le 14 Avril 2019
publié dans Humeurs

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Ce lundi soir-là, aucune envie d'y aller. Je ressentais une espèce de lassitude et évidemment je m’en voulais un peu. Au lieu de lui dire de se taire, à la lassitude, j’ai choisi de l’écouter et lui ai donné toute sa place. Ne serait-ce que pour essayer de la comprendre. Qu'est-ce qu'elle avait à me dire ? Et elle m’a appris quelque chose.

La danse classique est arrivée à un moment de ma vie où je faisais peu d’activité. Il y avait mes études. Et puis j’ai commencé par quelques cours de yoga, puis de gym, puis la danse est arrivée. Je n’avais principalement que mes cours en social, les cafés avec les copains, les discussions du social, même les films que je regardais c’était des histoires en lien avec des problématiques sociales. La danse m’a permis d’avoir un quotidien plus équilibré, elle a construit mes semaines en me donnant tellement de choses dont je manquais alors, de nouvelles perspectives, rencontres, challenges, un nouveau regard sur tellement de choses. Ça a complètement transformé mes semaines. Seulement voilà, je n’allais pas encore à des ateliers de peinture, je ne testais pas encore les sound healing ou autre méditation de pleine lune en ville, je ne me formais pas en Healing Touch … Aujourd’hui, il y a tout ça, et la danse en plus. Et ça fait beaucoup.

Avant ce lundi soir-là, je n’avais jamais réalisé que la lassitude ressentie depuis quelques semaines déjà, c’était peut être un trop plein. Durant mes rares soirées de libre, je me surprenais à penser ouf ! enfin… N’avoir alors qu’à cuisiner et m'attarder sur le choix d'un film m’a fait réaliser qu’en fait, je n’arrêtais pas. Et qu’est-ce que c’était bon de ne rien faire.

Ce soir-là, ça m’a sauté aux yeux. Ce n’était peut-être pas de la lassitude liée à la danse, c’était peut-être bien une question de réajustement. Peut-être que quand on n’en peut plus de quelque chose, qu’on a pourtant tant aimé au début, ce n’est pas qu’on n’en peut plus, mais que les choses doivent trouver une nouvelle place, et qu’il y a un nouvel équilibre à construire.

Alors que je me sentais un peu coupable, un peu triste même en voyant les aiguilles de la pendule avancer et mes demies-pointes déposées sur le fauteuil de velours et en sachant très bien que je n’irai pas, c’est à tout ça que j’ai pensé. J'ai décapsulé une bière et me suis laissée glisser sur une des chaises en bois du salon, vaincue. J’avais autre chose à faire ce soir-là, j’avais quelque chose à comprendre. Et si je m’autorisais à lâcher prise ? Parce que peut-être bien que me donner de l’espace, de temps à autre, me permettrait de repenser l’équilibre du quotidien, et me permettrait de ne pas tout lâcher un jour, surtout pas ce qui compte.

Et puis, ce lundi soir-là, j’ai trouvé un nouveau sujet sur lequel écrire, et ça, c’était franchement pas mal.